Mardi 2 octobre 2007
Bonjour ! Avis aux lecteurs qui seraient arrivés sur ce blog ailleurs qu'en passant par
Archéolozère 1, ceci est la suite...
3. METHODE
3.1. ENQUETE BIBLIOGRAPHIQUE
3.1.1. Collecte des données générales
Les sources sont relativement dispersées. Les archives du Service Régional de l’Archéologie se trouvent à la DRAC de Montpellier et sont consultables sur demande écrite. Le même établissement
conserve les archives du Service Régional de l’Inventaire, utiles pour consulter les dossiers de classement des Monuments Historiques et le même centre de documentation du Patrimoine permet la
lecture de bon nombre de revues comme le Bulletin de la Société d’Agriculture, Industrie, Sciences et Arts de la Lozère - connue par la suite sous le nom Revue du Gévaudan, des
Causses et des Cévennes- Lozère Archéologie, SPELOUFI (Bulletin du spéléo-club de la Lozère), la Lettre des Archives, la revue Lou Païs, le Bulletin
de l’Académie des Sciences de Montpellier, le Congrès Archéologique de France, la Revue du Parc National des Cévennes et les Bulletins du Centre d’Etudes et de
Recherches de la ville de Mende ainsi que divers livres traitant de la géologie ou de l’histoire du Gévaudan. Certaines de ces revues sont en double aux archives départementales de la Lozère
et, pour certaines, dans les bibliothèques universitaires de Lettres et Sciences Humaines de Montpellier et de Clermont-Ferrand. Les archives départementales de la Lozère conservent également
certains travaux d’étudiants, en particulier les mémoires de maîtrise et de thèse, des livres d’intérêt local, des manuels de toponymie, des dictionnaires de biographies et la plupart des revues
scientifiques locales et nationales. Certains ouvrages plus spécifiques se trouvent quant à eux au dépôt de fouilles archéologiques de Banassac mais celui-ci possède peu d’archives, tout
étant « centralisé » à Montpellier. La bibliothèque départementale de la Lozère présente aussi quelques ouvrages intéressant l’histoire du département. J’ai également emprunté bon
nombre de livres, aujourd’hui introuvables, à Mme Promeyrat, fille de l’érudit Marius Balmelle, qui conserve encore une formidable bibliothèque d’ouvrages annotés. Le centre de documentation de
la DDE de la Lozère m’a, quant à lui, procuré les atlas géographiques. Les archives de l’A 75 n’ayant pas été versées aux archives départementales à ce jour, elles sont conservées à Antrenas,
quelques documents étant parfois en double à la mairie de Banassac, commune très touchée par le remembrement dû à la construction de l’A 75. Ces ouvrages m’ont procuré d’intéressantes
informations sur le réseau routier, les travaux passés ou en cours, mais aussi et surtout sur la topographie et la géologie des communes, ainsi que des renseignements sur les nombreux
déblaiements et remblais effectués à cette occasion : les lieux de stockage ne faisant pas partie du périmètre de l’autoroute, ils n’ont pas été prospectés et ce genre d’informations était
intéressant pour les prospections envisagées. De même, le centre de documentation de la Chambre d’Agriculture de la Lozère met à la disposition du public des statistiques, mais aussi des
renseignements sur la géologie, la géographie, l’hydrographie, la couverture végétale des sites et permet surtout de consulter les photographies aériennes verticales de l’IGN. Enfin, c’est dans
les mairies de La Canourgue et de Banassac que j’ai consulté les cadastres reproduits dans ce mémoire, cadastres informatisés géoréférencés qui m’ont tous été fournis gratuitement.
Les ouvrages généraux concernant l’histoire de la Lozère permettent de voir comment les érudits se sont peu à peu intéressés à l’archéologie, aux causses, à Banassac. Ces publications aident à
dresser la carte d’identité de la zone d’étude d’un point de vue géographique et géologique. La bibliographie locale pêche souvent par manque de précision mais permet de circonscrire des zones
sensibles pour lesquelles il faut ensuite être plus attentifs. Pour certains secteurs de Lozère, ce sont d’ailleurs les seuls documents existants. Il y a aussi la documentation orale constituée
de la mémoire des érudits locaux ou des habitants et amateurs qui détiennent un savoir non négligeable en la matière, surtout que certaines zones décourageraient une armée de prospecteurs :
les indices donnés par les habitants et leur présence lors de la visite sur le lieu des découvertes permet donc de trouver des sites là où on ne s’y attendait pas.
3.1.2. Informations propres aux sites et intégration des résultats à un catalogue informatisé
C’est à partir des fiches de la base DRACAR consultées au SRA de la DRAC Languedoc-Roussillon que j’ai recueilli le plus d’informations archéologiques sur les sites
connus. J’ai d’abord établi des fiches basé sur un modèle proche afin d’y intégrer le maximum de données. A partir de la numérotation de ces sites, j’ai ensuite lu toutes les archives conservées
au SRA s’y rapportant et intégré les principales informations à ce premier catalogue. Les ouvrages généraux et plus spécialisés, la lecture des revues scientifiques et des publications locales
m’ont apporté à peu près autant d’informations, elles-mêmes intégrées aux données d’archives précitées. J’ai ajouté à ces premières fiches de sites des fiches d’indices de sites car les archives
du SRA conservent des dossiers portant sur des sites non inventoriés pour cause de localisation imprécise ou de dossier incomplet, indices que j’avais pour dessein de vérifier par la
suite.
Il s’agissait donc de réaliser un catalogue recensant le maximum d’informations, tout en étant synthétique, sur les sites présents sur le territoire de Banassac et de La Canourgue. Pour ce faire,
il m’a fallu me rendre plusieurs fois à Montpellier afin de collecter les données présentes au Service Régional de l’Archéologie. Il est d’ailleurs dommage que les mairies n’aient pas un double
des informations principales les concernant, ce qui faciliterait les démarches de recherche d’une part, et ce qui éviterait bien des destructions d’autre part, les mairies étant, il me semble,
les instances les plus à même de faire le lien entre l’administration et les habitants. Les fiches DRACAR donnent un premier aperçu du nombre de sites recensés administrativement :
83au total, dont 19 pour Banassac et 64 pour La Canourgue. Mon catalogue est présenté un peu différemment des fiches de la DRAC car il était plus efficace pour
le travail de terrain d’organiser les données selon les rubriques suivantes : administration, géographie, données purement archéologiques, visite sur le terrain, bibliographie. Les données du
catalogue ont été rédigées grâce à un traitement de texte plutôt que d’être intégrées à une base de données. J’ai intégré à ce catalogue les sites et indices de sites de la CAG et les sites
découverts plus récemment lors de travaux d’étudiants et d’archéologues. Enfin, j’y ai adjoint les sites découverts par M. Pol Le Lay, un informateur local, ainsi que ses indices de sites. J’ai
couplé toutes ces données aux inventaires des érudits précités, Balmelle et Peyre en particulier. Pour chaque fiche, j’ai listé les publications et autres sources s’y rapportant et je les ai
recherchées et lues afin de vérifier des données incertaines, erronées ou peu claires (certains documents se contredisaient sur l’appartenance d’un site à telle ou telle commune, les coordonnées
Lambert, les dates des fouilles, le lieu de conservation du mobilier etc.) J’ai aussi lu les rapports de fouilles, les rapports de prospection et les notices de découvertes que j’ai synthétisés
dans les fiches correspondant aux sites concernés. J’y ai inclus les données du SRI, en particulier pour les sites classés. J’ai archivé les documents pouvant être mis en annexe de mon travail
(plans des structures, dessin du mobilier, lettres manuscrites…). J’ai intégré les données principales des articles et des publications scientifiques aux fiches. Lors de mes rencontres avec les
professionnels et les habitants, j’ai pris des notes que j’ai également intégrées au catalogue.
L’étude des cartes IGN et l’attention portée à la toponymie ont permis de repérer des sites intéressants. Dans la mesure du possible, leur étymologie a été recherchée dans des dictionnaires
spécialisés afin de dégager d’éventuels indices de sites. Toutefois, il n’était pas possible de vérifier au sol toutes les indications données par la toponymie, elle aura donc surtout servi à
affiner les hypothèses et pourra peut-être être utilisée lors de recherches futures.
Par manque de temps, les toponymes cadastraux n’ont pu être étudiés dans leur intégralité. Seuls les toponymes se trouvant sur les parcelles ou sections des sites ou indices repérés et
apparaissant sur les plans cadastraux fournis par les mairies ont été étudiés afin d’affiner l’interprétation de ces gisements. L’étude complète de tous les micro-toponymes issus de toutes les
sources disponibles, anciennes et récentes, à l’échelle de deux communes comme il est le cas dans ce mémoire (12170 ha) aurait demandé une année supplémentaire de recherches…
De même, l’inspection attentive des photographies aériennes verticales de l’IGN ainsi que quelques photographies aériennes obliques a eu le mérite de confirmer la présence de vestiges au sol dont
on ne distinguait point l’organisation sur le terrain. Mais leur étude systématique n’était pas possible en si peu de temps, et certainement aurait-elle été peu instructive pour une zone d’étude
située en forêt principalement.
3.2. TRAVAIL SUR LE TERRAIN
3.2.1. Enquête orale
3.2.1.1. Objectif
L’enquête orale a été réalisée auprès des habitants et en particulier auprès des agriculteurs lors des visites sur le terrain. Il s’agissait, d’une part d’obtenir leur autorisation de pénétrer
sur leurs terres afin de faire des vérifications, d’autre part d’obtenir des informations tant sur les sites connus que sur les indices de sites dont ils pouvaient eux-mêmes connaître
l’existence. Leur aide fut également d’un grand secours pour le repérage sur le terrain qui n’a pas vraiment de lien avec les cartes que nous avions en notre possession, à savoir que le relief
est particulièrement tourmenté et la forêt assez dense, voire parfois inaccessible à cause d’une végétation envahissante, en particulier les ronces. Tous ont répondu favorablement à nos
questions, nous ont même parfois donné du mobilier archéologique qu’ils avaient recueilli lors des labours ou bien lors de constructions d’annexes. La plupart nous ont d’eux-mêmes proposé de nous
accompagner sur le terrain, à la fois pour nous montrer une particularité, une anomalie du paysage, mais aussi pour nous faire comprendre, et ce fut d’un grand secours, ce paysage et ce mode de
vie très particuliers du Causse. Loi d’être une terre hostile, le causse est en fait un véritable lieu de vie qui, bien que quasiment déserté aujourd’hui, a longtemps fait vivre des centaines
d’hommes. Cette approche du milieu par les personnes qui le vivent au quotidien fut très intéressante car elle permettait de sortir des « sentiers battus » et des écrits très éloignés
de la réalité d’un monde où la nature et l’homme se sont rarement complétés aussi bien.
3.2.1.2. Protocole
Lorsque nous avons rencontré des habitants au gré de nos révisions archéologiques, nous les avons systématiquement interrogés sur la présence de vestiges ou de particularités du paysage dont ils
pourraient avoir la connaissance dans les environs. Leurs propos ont été notifiés par écrit afin de n’en perdre aucune trace et leur nom a été systématiquement relevé. Les indices de sites, mais
aussi leur interprétation, qui pouvait bien souvent donner des hypothèses de travail, ainsi que l’histoire de ces vestiges que les habitants ont gardée en mémoire, toutes ces informations ont été
intégrées dans des fiches des sites concernées. Ensuite, ces fiches m’ont servi de base de travail pour aller vérifier l’existence des sites sur place. Parfois, certains indices donnés par la
population correspondaient d’ailleurs aux indices donnés par la bibliographie mais les habitants étaient bien souvent plus précis et plus bavards que les simples mentions de « points à
tegulae » et autres indices relevés dans les archives et les ouvrages locaux.
3.2.1.3. Apports
Cette pratique de l’enquête orale a permis de retrouver de nombreux sites connus que l’on avait du mal à localiser dans le paysage, bien qu’équipés de cartes et d’un GPS, toujours à cause de la
végétation et de l’escarpement du relief. Elle a également permis l’acquisition d’un certain nombre d’objets d’archéologiques, ou du moins pour certains d’une photographie ou d’une description,
certains habitants étant plus réticents à montrer leur bien aux archéologues… Notre dessein n’était bien sûr pas de recenser les habitants cachant des trésors mais d’acquérir les données tirées
de ces objets pour permettre d’une part une interprétation plus fine des vestiges trouvés à proximité, voire d’inventorier le témoignage comme un objet isolé et donc peut-être l’indice d’un site,
d’autre part de comparer leurs trouvailles aux nôtres, nous permettant par là même de mieux comprendre certains de nos artefacts particulièrement muets. Enfin, ce fut aussi l’occasion de
prêcher la protection d’un site se situant sur leur propriété, et l’ autre revers de la médaille, à savoir de constater avec dépit que certains sites avaient
été détruits par manque d’information des habitants. Il y a donc là un vrai problème de lien entre l’administration et les propriétaires des parcelles qui renferment un site majeur, problème
auquel il faudrait remédier avant que tous les sites de cette commune si riche archéologiquement parlant ne disparaissent avec les défrichements et carrières. Pour revenir à notre enquête orale,
les sites qui en ont bénéficié sont récapitulés en annexe.
Enfin, je remercie particulièrement Jean-Louis Mirmand, qui a mis à notre disposition ses connaissances en numismatique ainsi que toutes les données qu’il possédait en la matière sur notre zone
d’étude, renseignements qui ont permis de confirmer la datation d’un site ou d’apporter des premiers éléments sur leur chronologie grâce à la trouvaille d’une pièce de telle ou telle époque à un
endroit donné, mais aussi par le nombre de sites dont il est lui-même l’inventeur (voir en annexe les opérations dont chaque site a fait l’objet). Il nous a également fourni des photographies sur
les objets trouvés fortuitement sur la commune, soit par lui-même, soit par des personnes dont il a obtenu les informations.
3.2.2. Vérifications des indices de sites
3.2.2.1. Objectif
Le but était d’éclaircir les connaissances concernant les indices de sites listés dans la bibliographie ou acquis par enquête orale, afin d’accéder à des données plus précises à leur sujet,
l’objectif étant de voir s’il s’agit de sites ou non. Dans le premier cas, il s’agissait ensuite d’affiner les connaissances sur la nature du site et sa datation et de réaliser l’inventaire du
mobilier. Les indices de sites provenaient soit des archives du Service Régional de l’Archéologie (SRA), portant sur des sites non inventoriés pour cause de manque d’informations précises les
concernant, soit des indices découverts au fil de la lecture de la bibliographie locale ancienne et récente (répertoires archéologiques de Balmelle et de Peyre, procès verbaux des séances de la
Société des Lettres etc.), soit des indices donnés par la Carte archéologique de la Gaule (CAG) soit des informateurs locaux, agriculteurs et habitants. Il s’agissait donc de les retrouver, de
prospecter l’aire mentionnée par les informations recueillies, de les loc aliser précisément par GPS, de les décrire, prendre des clichés, afin de
les inclure dans les futures fiches de sites.
3.2.2.2. Protocole
J’ai d’abord recensé toutes les informations, aussi maigres soient elles, sur d’éventuels sites apparaissant dans la bibliographie ou lors de l’enquête orale. Je me suis efforcée de vérifier
qu’il ne s’agisse pas là de sites déjà connus mais recensés sous un autre nom (nom du lieu-dit cadastral à la place du lieu-dit présent sur la carte IGN par exemple). Après avoir créé une fiche
recensant les informations concernant l’indice de site, les sources et l’emplacement approximatif du lieu à prospecter, je m’y rendais ; mais avant de commencer la prospection, je réalisais
une enquête orale auprès des habitants voisins de la parcelle concernée, en particulier des exploitants agricoles, initiative très payante puisque la plupart d’entre eux avaient effectivement
connaissance de ces sites et n’hésitaient pas à me fournir d’autres indications ainsi qu’à m’accompagner sur le terrain. Je parcourais ensuite la zone de façon systématique afin de repérer
d’éventuels artefacts encore présents en surface. Si cela me semblait circonscrit, je pointais au GPS les limites de la surface présentant une remontée de mobilier, sinon je pointais les objets
isolés, parfois les deux selon le cas. La difficulté était de prospecter de façon homogène et méthodique des espaces peu propices à ce type de recherches : forêts, pans escarpés du Causse…La
zone d’étude offre peu de parcelles plates et labourées…Tous les artefacts étaient rassemblés dans des sacs numérotés en suivant la numérotation des sites et portaient le nom de l’indice de site
ou du lieu dit ainsi que les coordonnées Lambert (zone III) afin d’éviter toute confusion ou faute de frappe informatique qui provoque souvent plus de dégâts lorsque l’on a désigné les sites avec
des numéros plutôt qu’avec un nom écrit en toutes lettres. Après lavage, tri, inventaire et datation du mobilier, j’ajoutais ces informations aux fiches d’indices de sites afin de conclure sur
son nouveau statut. Je me suis ensuite penchée sur une possible interprétation des artefacts et/ou des structures afin de cerner la nature de l’occupation et la datation. Les indices devenus des
sites sûrs sont classés avec les fiches de sites et les informations concernant la façon dont on a eu connaissance de leur existence sont mentionnées dans l’historique des recherches, et plus en
détail dans la bibliographie s’il y a lieu. Les autres indices, non vérifiés par manque d’informations ou localisation trop approximative ou bien non retrouvés malgré une prospection intensive
sur le lieu pressenti sont classés dans les fiches d’indices de sites qui viennent à la suite des fiches de sites et portent la mention IND. Même si certaines informations récoltées apportent peu
à la synthèses, elles ont toutefois été intégrées au catalogue au cas où les artefacts non visibles cette année le seraient dans les années à venir. De même, toutes les informations
concernant leur vérification vaine sont mentionnées dans l’historique des recherches. En revanche, lorsqu’un indice n’a pas fait l’objet de visite, la rubrique visite sur le terrain n’apparaît
pas, ceci dans un souci d’allègement des fiches déjà très nombreuses. Pour les indices, le plan cadastral n’est pas inclus car j’ai privilégié leur présence pour les vrais sites, les cadastres
demandés aux mairies étant déjà très nombreux…
Toutefois, un extrait de la carte IGN vient en complément afin de localiser l’indice s’il est localisable. Cet extrait ne sert que d’aide à la localisation et se doit d’être remplacé par une
carte plus grande et le plan cadastral en cas de recherches plus approfondies. Les clichés permettant d’apporter des informations supplémentaires ont été inclus aux fiches.
3.2.2.3. Apports
Au total, 53 indices de sites ont été relevés. Certains ont bien sûr été repérés par une seule de ces sources, d’autres par plusieurs modes combinés. Les indices ayant fait l’objet de
vérifications au sol en prospection pédestre, ne l’ont pas forcément été dans les mêmes conditions : l’étalement dans le temps n’a pas permis d’obtenir les mêmes conditions météorologiques à
chaque fois et la dispersion géographique des indices ne permettait pas non plus de travailler sur des zones homogènes bien au contraire : zones boisées, zones escarpées, zones de bâti et de
jardins, zones désertiques de landes, zone d’alluvions…Toutefois, la majorité d’entre eux me semblent être réellement des sites, qu’il suffirait de retrouver et de localiser précisément pour les
inventorier en tant que site, ce qui n’a pas été fait par manque de temps.
3.2.3.Vérifications
des sites connus
3.2.3.1. Objectif et protocole
L’objectif était de prendre des clichés des sites connus de la DRAC et de vérifier les coordonnées Lambert si elles étaient approximatives. Parfois, il s’agissait
d’éclaircir une description peu claire ou de collecter du mobilier permettant une datation plus précise. Il fallait aussi prendre des notes sur la géographie, la géologie, l’hydrographie et
l’environnement végétal et topographique des sites afin d’éclaircir leur contexte naturel et de permettre une synthèse sur l’intégration des sites dans leur milieu ainsi que sur les critères
d’établissement de l’homme sur la zone étudiée. Ces vérifications ont bien souvent été opérées dans des conditions peu propices : la neige, en particulier, a longtemps recouvert les plateaux
caussenards et les sites concernés étaient la plupart du temps peu accessibles, raison pour laquelle certaines informations manquaient jusque là d’ailleurs. Mon travail devait au départ consister
en une vérification des sites et des indices, mais la mise en relation avec Pol Le Lay, randonneur local averti et amateur d’archéologie, a changé cette orientation. En effet, il fallait choisir
entre la vérification de sites et d’indices et la réalisation de l’inventaire des sites dont il était l’inventeur. Etant donné l’importance en nombre et en qualité, ainsi que la variété des sites
qu’il a découverts, comparé aux maigres indices, aussi nombreux soient-ils mais mal positionnés, que j’avais acquis de diverses manières, il m’a semblé plus opportun d’opter pour la première
solution. Les vérifications de sites connus et d’indices de sites en ont donc pâti, par manque de temps. Le protocole de vérification des sites était le même que pour la vérification des indices,
à la différence près que la localisation était très précise, à 30 m près la plupart du temps, un peu plus de 50 m près pour d’autres sites dont le calcul des coordonnées avait été rendu difficile
par le fort escarpement du relief. Les informations nouvelles concernant ces sites ont bien sûr été intégrées aux fiches de site, dans l’Historique des recherches, dans la
rubrique Mobilier et Description des découvertes, mais aussi récapitulées dans la rubrique Visite sur le terrain afin de conserver au maximum
les données propres à cette nouvelle campagne de révision des sites.
Toutefois, les résultats sont satisfaisants : les clichés manquants ont été pris, les coordonnées vérifiées, les cadastres recherchés et les sites ont été
systématiquement pointés sur une carte afin de les localiser rapidement à la suite des fiches descriptives dans le catalogue.
3.2.3.2. Apports
Certains sites ont été vérifiés, d’autres sites connus ont été enrichis. Les modifications ont été portées sur les fiches. D’autres sites n’ont pas été vérifiés mais
des informations complémentaires ont été apportées grâce à la bibliographie. Les sites ayant fait l’objet d’une révision sont récapitulés dans un tableau mis en annexe.
Les vérifications opérées ont permis d’une part de localiser plus précisément certains sites, d’autre part de prendre des clichés de sites dont on ne possédait aucune image de qualité. De plus,
nous avons pu modifier, par de nouvelles prospections, l’inventaire du mobilier, et donc son étude et par conséquent la datation voire la nature du site. On a, par ailleurs, pu préciser le
contexte géographique et archéologique des sites par comparaison avec ce que l’on avait trouvé dans les environs proches et établir des liens avec des sites de nature similaire. Tous ces liens
sont autant que faire se peut notifiés sur les fiches de sites et dans la synthèse. D’autres sites ont permis, lors de la vérification, d’en trouver d’autres…. Enfin, certains sites n’ont pas été
retrouvés… Dans le pire des cas, il s’agit certainement d’une destruction mais l’on peut espérer que ce soit l’imprécision de la localisation et la végétation envahissante qui ont eu raison de
notre vigilance et que ces sites sont bel et bien à leur place.
En tout cas, une visite sur le terrain me semble nécessaire pour toute étude car l’observation attentive de l’environnement des sites permet de nombreuses comparaisons qui m’ont guidée lors de
l’élaboration de la typologie et lors de la rédaction de la synthèse.
3.2.4. Visite des collections privées et
publiques
3.2.4.1. Objectif et protocole
L’objectif premier était pour moi de faire un récolement des collections liées aux sites du catalogue. Je me suis effectivement aperçu qu’il existait une lacune à ce
sujet, à savoir que les fiches de sites mentionnent très peu souvent la localisation du mobilier, cette rubrique n’étant en réalité pas vraiment mise à jour. Pourtant, dans la bibliographie, la
mention du dépôt des collections dans telle ou telle structure existait. L’information s’est donc perdue entre temps… En étudiant en détail les données des archives des fiches de sites et en
visitant les principaux établissements dans lesquels le mobilier pouvait se trouver, je comptais ainsi établir le lien entre la fiche de chaque site et le lieu de conservation du mobilier qui lui
était lié. Le premier problème a été de traiter cette question pour les fouilles pratiquées anciennement, à savoir que la majorité du mobilier a soit été envoyé au Musée des Antiquités Nationales
à Saint-Germain-en-Laye, dont Harry Truman Simanjuntak a toutefois réalisé l’inventaire pour ce qui est de la collection du Dr Prunières (Simanjuntak 1998), soit au Musée Départemental
Ignon-Fabre situé à Mende mais fermé depuis de nombreuses années, soit au Musée de Marvejols, ouvert sur demande mais le lieu de découverte du mobilier n’est pas vraiment précis… Il me restait
donc plus qu’à inspecter ce qui se trouvait au dépôt archéologique de Banassac-La Canourgue. Le responsable, Jean-Yves Boutin, a bien voulu me lister les sites dont le mobilier s’y trouvait, j’ai
donc pu le notifier sur les fiches des sites concernés. Pour le reste, cette rubrique reste donc à jour de la dernière mention de la localisation du mobilier. Etant donné le travail considérable
qu’un tel récolement dans les règles demanderait et le peu d’informations que cela aurait finalement apporté à ma synthèse, je n’ai donc pas poursuivi ce travail, encore une fois au regard du
temps imparti.
3.2.4.2. Apports
Collections publiques ou ouvertes au public
La visite des lieux de conservation du mobilier n’a pas toutefois été vaine. En effet, l’observation attentive des collections a permis de se rendre compte de la
diversité des objets que l’on pouvait s’attendre à trouver sur le terrain : en prospection, on ne trouve que ce que l’on connaît. La comparaison entre ce que l’on pouvait trouver en
ramassage de surface et ce qui avait déjà été mis au jour tant en prospection qu’en fouille était donc importante. A ce titre, la visite de la salle d’exposition de la mairie de Banassac, la
visite des autres musées lozériens pouvant offrir une comparaison, la visite du musée de Marvejols et la lecture des documents afférents n’étaient donc pas inutiles, même si elles ont
effectivement eu peu d’incidences sur la constitution du catalogue et la rédaction de la synthèse. Ces établissements sont en effet nécessaires à la compréhension de la civilisation gabale et il
serait de bon ton que les autres établissements devant lesquels les chercheurs trouvent porte close s’ouvrent un peu plus à la recherche…
En ce qui concerne plus précisément les établissements de Banassac et de la Canourgue :
- le centre
archéologique de Banassac-La Canourgue sert aussi de centre de documentation, en témoigne sa bibliothèque. J’ai pu, outre la consultation de certains livres introuvables ailleurs, photocopier des
notices n’apparaissant pas dans les archives du SRA, et qui m’ont donc apporté d’autres informations.
- la salle d’exposition de Banassac permet,
quant à elle, de se rendre compte des découvertes faites sur les ateliers de production de la céramique sigillée et propose également à la vue une urne à résine presque entière, ce qui donne un
aperçu non négligeable de la réalité lorsqu’en prospection nous ne trouvons que des fragments. Là aussi la visite ne fut pas vaine, puisque le sarcophage conservé à la mairie au vu et au su de
tous était en fait porté disparu dans la bibliographie…
Collections privées
Enfin, par enquête orale, je suis parvenue à obtenir des informations sur les collections privées, mais les informateurs sont la plupart du temps volontairement
anonymes par peur d’avoir trahi les propriétaires, eux-mêmes anonymes… Bref, ce mobilier là fait aussi partie de mon inventaire et de ma synthèse, mais je ne peux en publier la localisation ou ne
serait-ce que le nom des propriétaires. Les informations recueillies à partir de ce mobilier sont toutefois intéressantes, mais ne seront donc pas à l’avenir vérifiables. C’était donc à choisir
entre la prise en compte de ces données sans leurs sources, ou purement et simplement l’ignorance volontaire de ces informations ; j’ai donc pris le parti de les inclure tout de même, au vu
de leur importance pour cette étude.
3.2.5. Enregistrement des sites découverts par M. Pol Le Lay
3.2.5.1. Mise en relation avec l’inventeur et cadre de la coopération
C’est à partir d’une discussion avec Hélène Breichner, responsable de la Lozère au SRA, que j’ai été mise en relation avec M. Pol Le Lay. Cet amateur d’archéologie qui habite La Canourgue avait
en effet découvert nombre de sites qui n’avaient ni fait l’objet d’un inventaire, ni d’une quelconque vérification archéologique. La coopération me semblait donc évidente, tant pour inventorier
de nouveaux sites destinés à être intégrés au catalogue et donc à alimenter la synthèse, que pour être guidée sur le terrain par quelqu’un qui connaissait très bien la zone et ses habitants, pour
avoir parcouru la commune à pied et dans tous les sens. Mardi 17 janvier 2006, je me suis rendue au dépôt de fouilles de Banassac où j’avais rendez-vous avec les responsables Jean-Yves Boutin et
Hélène Breichner et avec M. Le Lay. L’objectif était de définir notre méthode de travail pour inventorier les sites des deux communes qui ne l’ont pas encore été. M. Le Lay a découvert ou
redécouvert de nombreux sites archéologiques au cours de ses randonnées et a indiqué leur positionnement grâce à un GPS, a listé le mobilier présent et a pris diverses notes quant au contexte des
découvertes. Il s’agissait de retrouver ces sites, de relever tout le mobilier, de le laver, le trier, le dater et l’inventorier. Cela nécessitait aussi de remplir de manière exhaustive et
méthodique les fiches de sites ou d’indices de sites les concernant. Ces fiches ont ensuite été intégrées au catalogue et serviront de base pour la rédaction des fiches PATRIARCHE de la DRAC,
d’où cette réunion pour harmoniser les données et notre façon de travailler.
3.2.5.2. Du travail effectué par l’inventeur à la révision des sites
Une grande partie du travail de découverte et de localisation des sites par l’inventeur ayant été effectuée durant les années précédentes, il s’agissait pour moi de retourner sur les sites afin
d’acquérir les données nécessaires à mon étude. Il fallait donc retourner sur le terrain par aire géographique afin de ne pas perdre de temps dans les déplacements, vérifier les coordonnées en
Lambert III par GPS, de mesurer l’étendue du site etc. Il s’agissait aussi de prendre des notes sur l’état de conservation du site et sur son environnement géologique, topographique,
archéologique. Une fois sur le terrain, le but était de circonscrire le site et de déterminer sa nature, tant par les artefacts trouvés que par son contexte. Enfin, le matériel nous a permis de
dater de nombreux sites et chacun d’entre eux a fait l’objet d’une couverture photographique montrant son organisation générale, son environnement et des détails plus précis de la structure s’il
y en avait une. Le mobilier, quant à lui, a été lavé, trié, inventorié et dessiné dans la mesure du possible, éventuellement pris en photographie si celle-ci était plus parlante qu’un dessin.
3.2.6. Résultats
Le détail des résultats, trop long pour apparaître ici, a été intégré aux annexes.
3.2.6.1. Sites
v Nombre total de sites au final : 203 (Banassac : 20 La Canourgue :
183)
v Nombre de sites anciennement connus : 84 (Banassac : 19 La
Canourgue : 65)
Ce résultat témoigne bien sûr de la vivacité de la recherche sur le Causse de Sauveterre qui appartient en partie à la commune de La Canourgue. Il ne faudrait en conclure que Banassac a un
potentiel archéologique inférieur : sa surface est bien plus petite.
v Nombre de sites révisés Roche, Le Lay 2006 (dont nouveaux) : 151
v Nombre de sites nouveaux Roche, Le Lay 2006 : 119
(Banassac : 1 La Canourgue : 118)
Ce dernier résultat ne signifie pas grand chose quant au potentiel de Banassac : nous avons surtout révisé la commune de La Canourgue car c’était le causse qui intéressait le sujet.
Sur 184 sites bien renseignés :
v Nombre de sites découverts
fortuitement : 10
v Nombre de sites trouvés lors de
prospections anciennes : 38
v Nombre de sites trouvés lors de travaux
vicinaux ou ruraux : 13
v Nombre de sites découverts grâce à un
témoignage oral : 20
v Nombre de sites découverts par Pol Le
Lay : 103
Les découvertes fortuites et les sites trouvés accidentellement lors de travaux ne sont pas du tout majoritaires, d’où l’intérêt de ne pas attendre la mise au jour des
sites mais d’aller les chercher là où ils sont : les prospections anciennes ainsi que le travail effectué par Pol Le Lay sont les opérations qui ont le plus alimenté la carte archéologique
de la zone étudiée. Il est aussi à noter la part non négligeable de découvertes réalisées grâce à l’enquête orale, qui s’est révélée très payante.
Enfin, il faut dire que la part des sites fouillés a bien sûr nettement baissé depuis notre inventaire et qu’ils ne sont donc plus représentatifs. La majorité des sites
de notre corpus ne sont par conséquent connus que par prospection pédestre et vérification au sol.
3.2.6.2. Indices de sites
Les indices qui sont restés à l’état d’indices - soit par manque de temps pour aller les vérifier soit parce qu’il était matériellement impossible d’aller les réviser ont été inclus au
corpus dans la partie indices (IND n°). Leur part dans le catalogue n’est pas négligeable (1/5).
Ceci est d’autant plus vrai que certains indices de sites font mention d’occupations mal représentées dans les sites (cippes, urne à résine complète, cheminements etc.).
Nous avons repéré 53 indices de sites, soit tirés de la bibliographie, soit tirés de découvertes fortuites d’objets isolés par les habitants, mais aussi d’indices
phytographiques ou de la découverte de quelques artefacts en prospection.
Les indices de bâtiments ruraux sont les plus nombreux, mais on notera également la bonne représentation des stations de résiniers, des nécropoles et des
cheminements.
Parmi ces indices, nombre d’entre eux font effectivement référence à un site bien réel, mais la localisation exacte et l’appréciation de la nature de l’occupation ne
peuvent être certifiées avec précision. Un tableau présenté en annexe permet de voir le détail des indices, qui font d’ailleurs l’objet de fiches individuelles dans le catalogue. La dernière
colonne justifie le choix de ne pas les inventorier en tant que sites. Le diagramme ci-dessous montre les raisons qui ont présidé à ce choix. On remarquera la très grande part jouée par la
mauvaise localisation des vestiges et par l’incertitude de l’authenticité des vestiges. Cette dernière rubrique signifie que nous ne cernons pas la nature de l’occupation, au point de ne pas
pouvoir l’inventorier comme site sûr.
3.3. CLASSEMENT DES INFORMATIONS ET TRAVAIL SUR LES DONNEES
3.3.1. La rédaction du corpus de sites et d’indices
Comme je l’ai expliqué plus haut, j’ai rédigé le catalogue au fur et à mesure de mes lectures et du dépouillement des sources et non à la fin. Il me semblait plus simple, plus efficace, plus
rapide aussi de remplir directement les fiches à l’ordinateur au fil de l’arrivée d’informations plutôt que de synthétiser d’abord les sources pour ensuite les classer dans les fiches. La
morphologie de ces dernières a changé au cours de ce travail afin d’intégrer toutes les données.
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