Mardi 2 octobre 2007 2 02 /10 /Oct /2007 17:52
-         C – fermes : 19 (48,72 %)
 
v     CAN 11 (TCA, murs)
v     CAN 13 (MOEL, TCA, SG, AMP, murs)
v     CAN 14 (TCA, SG, MOEL)
v     CAN 18 (TEG, SG, MOEL)
v     CAN 24 (murs, TEG, GRI, MOEL)
v     CAN 26 (TEG, antéfixe isolée)
v     CAN 29 (TEG, AMP)
v     CAN 33 (TEG, MOEL, AMP)
v     CAN 34 (AMP, TEG, MOEL, MEU)
v     CAN 65 (murs, SG, SCO)CAN 41 (TEG, murs, SCO)
v     CAN 85 (SCO, AMP, SG, URN)
v     CAN 103 ( murs, TEG, TCA, SG, stockage)
v     CAN 106 (MOEL, BRI, puits)
v     CAN 130 (murs, MOR, TCA, CO, BRI, SCO)
v     CAN 132 (TCA, MOEL, MEU, stockage)
v     CAN 136 (TCA, murs, MEU, COX)
v     CAN 169 (MOEL, TEG, COX)
v      CAN 177 (BRI, COX, SIG)
v     CAN 182 (TEG, AMP, HYP sur clapas)
 
-         D - Fermes de tradition indigène, à structure semi légère (torchis et tuiles) : 6 (18,42 %)
v     CAN 19 (TEG)
v     CAN 25 (TEG)
v     CAN 170 (COX, SG)
v     CAN 87 ( PRO, AMP, MEU, BRI, COX)
v     CAN 157 (SCO, stockage, COX)
v     CAN 178 (TEG)
v     CAN 179 (TEG)
4.2.2. Résultats
 
4.2.2.1. Représentativité et pertinence des sites choisis pour la synthèse
 
Les sites connus de longue date correspondaient avant tout à une carte de la recherche et les concentrations de sites n’étaient donc pas à prendre comme des pôles d’un quelconque réseau mais juste comme une zone où l’activité des chercheurs, amateurs ou professionnels, avait été très intense. De même, les vides se calquaient souvent sur une zone où peu d’études avaient été effectuées (forêts, lande), parce que difficiles d’accès, mais aussi parce ces espaces sont aujourd’hui désertés et que l’on a tendance à penser qu’il en a toujours été ainsi. Or, ce n’est pas le cas. Il y a ne serait-ce qu’un siècle, le causse était habité de nombreux petits hameaux abritant deux ou trois familles qui chacune gérait de grandes étendues nécessaires à leur quotidien, vu la rigueur du milieu. On peut donc penser que les périodes antérieures ont pu connaître une telle gestion du territoire.
 
Nos données sont issues de méthodes d’investigations tout à fait différentes : prospections, fouilles, découvertes fortuites, témoignages oraux, découvertes anciennes mal localisées etc. ; elles sont donc peu comparables en l’état. Toutefois, un énorme de travail a été effectué par Pol Le Lay, sans qui ce mémoire n’aurait absolument pas eu la même physionomie. Il a inlassablement parcouru la commune de La Canourgue, en particulier la partie caussenarde, ce qui rend, à mon sens, nos données très fiables. En effet, loin d’appliquer la triste habitude des archéologues qui consiste à déclarer non prospectable une parcelle peu lisible, il s’est toujours attaché à passer partout sans a priori : champs, prairie, landes, forêts, villages, hameaux abandonnés, buttes envahies par les ronces… Lors de nos vérifications, nous avons systématiquement arpenté le territoire selon ce parcours très complet qui permet de se rendre compte du milieu et de l’environnement des sites. Il apparaît que la végétation et le relief tourmenté ne sont en aucun cas des facteurs perturbant la découverte d’un site ; en revanche, ces éléments peuvent parfois en gêner la lecture précise (structure, étendue…). L’approche spatiale volontairement diachronique et ouverte du sujet permettait d’intégrer des données aussi variées que le contexte géographique, la présence de l’eau, l’altitude, ainsi que toute particularité remarquable. Nous avons ainsi relevé un maximum d’informations sur place ainsi que pris des centaines de clichés des sites, mais aussi de leur environnement (relief, puits, végétation actuelle, insertion dans un réseau visuel de sites pouvant être contemporains etc.). Toutes ces petites informations apparemment anodines ont en réalité eu une grande importance quant à la réflexion sur l’histoire particulière du peuplement de cette région. Les données du catalogue, tant les fiches de sites et d’indices de sites que les rubriques plus pointues ont donc leur utilité et sont dans la mesure du possible intégrées à la synthèse. Celle-ci, qui se veut un aperçu microcosmique de ce que l’on pourrait s’attendre à trouver si l’on menait un travail similaire sur la totalité du Causse, dépend donc entièrement de la rigueur de ce travail d’inventaire.
Etant donné le nombre de sites anciens et nouveaux et leur variété, le corpus me semble suffisant pour établir des statistiques qui donnent un état des lieux à un moment donné des connaissances archéologiques sur un territoire représentatif d’un milieu.
 
Tous les sites inventoriés ne sont pas appelés à être intégrés à la synthèse. En effet, il faut distinguer inventaire systématique des sites archéologiques d’un territoire et constitution d’un corpus destiné à répondre à une problématique. L’inventaire est un moyen de se constituer un corpus de base, mais n’est nullement une fin en soi. Deux fiches peuvent d’ores et déjà être supprimées, celles correspondant aux sites globaux de DRACAR ( BAN 04 et CAN 01), comme nous l’avons déjà expliqué plus haut.
 
D’autres sites ne seront pas directement exclus de la synthèse mais seront traités plus succinctement ; il s’agit des sites qui n’entrent pas dans le cadre chronologique du sujet, qui traite de la période comprise entre le Mésolithique et le haut Moyen Age : il faut donc exclure d’une étude plus approfondie les sites du Moyen Age médian et du Bas Moyen Age, qui demanderaient de consulter d’autres sources, en particulier écrites, pour être correctement cernés. Il s’agit des sites BAN 15 et BAN 16.
 
Enfin, ont été exclus d’une étude détaillée les indices de sites présents en annexes. J’ai pris le parti de ne faire appel à eux que si le besoin s’en fait sentir, pour appuyer une hypothèse ou mieux comprendre un site reconnu situé tout près. Etant donné le temps imparti, il n’est pas possible de traiter en plus des 203 sites reconnus les 53 indices de sites. De plus, l’incertitude qui règne autour de ces indices ne ferait que décrédibiliser la synthèse. Un tableau récapitulatif permet toutefois de voir leurs caractéristiques.
 
4.2.2.2. Résultats
 
Chronologie établie à partir des occupations
 
Sur la base de 324 occupations, 12 % sont préhistoriques, 22 % sont protohistoriques, 42 % sont gallo-romaines, 24 % sont médiévales.
 
19 % des sites du corpus sont occupés à la Préhistoire.
 
35 % des sites du corpus sont occupés à la Protohistoire.
 
67 % des sites du corpus sont occupés à la période gallo-romaine.
           
38 % des sites du corpus sont occupés au Moyen Age.
 
NB : le total dépasse largement 100% car de nombreux sites sont occupés à plusieurs périodes.
 
Spécificité de la chronologie
 
On remarque une nette représentation de la période gallo-romaine, ce qui n’est pas exceptionnel. En revanche, ce qui est plus original, c’est la part assez grande des sites occupés à la Préhistoire (1/5) et des sites occupés à la Protohistoire (1/3). L’occupation pré-romaine semble avoir joué un rôle très important dans le peuplement de ce territoire. La présence de l’homme dès le Mésolithique et la mise en place de réseaux d’habitats protohistoriques ne sont pas étrangers à la structuration de l’espace qui ne naît donc pas ex nihilo à la période suivante. La bonne représentation des sites occupés au Moyen Age (plus d’1/3), qui doit encore être augmentée des sites non présents dans le corpus (églises, châteaux…) montre que le causse n’est absolument pas déserté à cette époque. On peut d’ailleurs faire la remarque qu’ils se situent pour la plupart non loin des hameaux encore habités ou désertés depuis la Révolution industrielle.
 
Nature de l’occupation
 
Généralités 
 
98 sites sur 203 présentent apparemment une habitation, soit 48,3 %.
78 sites sur 203 présentent une activité artisanale, soit 38,4 %.
48 sites sur 203 sont des établissements ruraux à vocation agricole au sens large, soit 23,6%.
56 sites sur 203 sont des lieux de sépulture, soit 27,6%.
23 sites sur 203 présentent une activité pastorale (enclos, cabane), soit 11, 33%.
10 sites sur 203 sont fortifiés, soit 4, 9%.
7 sites sur 203 peuvent être interprétés comme des lieux de culte, soit 3,45 %
23 sites sur 203 présentent un tronçon d’ancien chemin, soit 11,33%.
 
Ces quelques statistiques font apparaître une forte prédominance de l’artisanat. Il faut dire que c’est le type d’occupation qui laisse le plus de traces pérennes (scories, urnes à résine…) alors que le pastoralisme, qui en laisse peu, est tout de même bien représenté. L’altitude moyenne des sites est de 790 m. La majorité des sites semble donc plutôt se localiser sur le plateau.
 
Les habitations
 
Leur altitude moyenne est de 766 m.
 
Parmi les 98 habitations, on en compte
-         5 préhistoriques, soit 5,10 %
-         17 protohistoriques, soit 17,35 %
-         58 antiques, soit 59,18 %
-         18 de la fin de l’Antiquité ou du Moyen Age, soit 18,37%
 
Au premier abord, il semble y avoir une progression lente mais bien nette à la Protohistoire, puis un essor du peuplement à la période gallo-romaine et enfin une concentration des habitants en un nombre restreint de lieux à la fin de l’Antiquité et au haut Moyen Age. Il faut toutefois nuancer ces conclusions : la période gallo-romaine est légèrement surreprésentée car elle est mise en exergue par la forte concentration de tegulae et de matériaux très facilement repérables dans un milieu a priori peu propice à la prospection. De même, l’Antiquité tardive et le haut Moyen Age sont certainement sous-représentés à cause de notre méconnaissance de la céramique propre à cette période. Enfin, il ne faut pas oublier que les données issues de la prospection, au contraire de la fouille, ne nous permettent pas de distinguer les différentes phases d’occupation d’un site avec certitude : au lieu de nous livrer les vestiges les uns après les autres dans l’ordre anti-chronologique, la prospection nous les révèle tous sur le même plan, à la surface. Toutefois, le nombre de sites est à mon avis suffisamment élevé pour que des approximations de datation aient un gros impact sur les statistiques.
 
L’altitude moyenne
 
-         des habitations préhistoriques est de 654 m
-         des habitations protohistoriques est de 824 m
-         des habitations gallo-romaines est de 777 m
-         des habitations de la fin de l’Antiquité et du haut Moyen Age est de 776 m
 
Ce constat fait apparaître ce que l’on avait effectivement remarqué sur le terrain : les hommes de la Préhistoire se sont d’abord installés dans les grottes situées à mi pente des falaises karstiques qui présentent des cavités accueillantes, à mi chemin entre le plateau et la vallée. La Protohistoire voit ses habitants se percher sur des hauteurs la plupart du temps fortifiées alors que la période gallo-romaine va stabiliser cette fluctuation pour longtemps, en témoignent les altitudes similaires des habitations antiques et du haut Moyen Age, et coloniser le plateau, sans pour autant abandonner les vallées. En effet, 20% des sites sont situés à une altitude inférieure à 630 m. Il faudra attendre la Révolution industrielle et même parfois le XXe siècle pour que le causse soit déserté au point d’avoir une densité inférieure à 5 hab./Km².
 
L’activité artisanale
 
Les sites qui présentent au moins une activité artisanale ont une altitude moyenne de 780 m. Mais ce nombre recouvre en fait deux réalités opposées : 11 sites liés aux ateliers de production de la céramique sigillée ont une altitude moyenne de 552 m et deux ateliers de débitage de silex préhistoriques ont une altitude moyenne de 532 m. Ils sont donc installés dans la vallée encaissée. En revanche, les autres sites ont une altitude moyenne de 835 m, plus proche de la réalité ; ils se situent sur le causse, au plus près des ressources.
Dans le détail, les sites liés à l’extraction de la résine se situent en moyenne autour de 819 m d’altitude, les sites alliant extraction de la résine et fabrication du fer ont une altitude moyenne de 829 m, les sites de fabrication de la chaux une altitude de 833 m, les sites de fabrication du fer une altitude de 843 m et l’unique site alliant extraction de la résine et four à chaux se situe à 851 m d’altitude. On a souvent pu remarquer sur le terrain que les sites de production du fer étaient souvent installés sur une petite butte, un promontoire, un site un peu plus élevé offrant plus de prise au vent car la température exigée lors de l’opération de réduction devait requérir le maximum de tirage.
Il est à noter qu’à dix mètres près, l’altitude moyenne des sites de production artisanale correspond à l’altitude moyenne des habitations antiques et alto médiévales.
 
Parmi les sites ayant livré des vestiges de la fabrication de la poix, 50 % étaient bâtis en dur et 50 % étaient faits de structure légère. Ce constat soulève deux questions. Le premier problème, c’est que le second pourcentage se base sur une absence de vestiges, ce qui peut être dû aux conditions de taphonomie mais aussi aux conditions de prospection. Le second problème, c’est ce qu’il faut comprendre de ces statistiques. Ce que l’on peut déjà dire, c’est que ces sites étaient effectivement associés une fois sur deux à un bâti, mais cette catégorie inclut les établissements ruraux qui présentent une activité artisanale, ce qui grossit leur nombre. On peut ajouter que l’autre moitié, constituée de matériaux légers, était celle qui était au plus près des ressources, alors que les fermes construites devaient assurer d’autres fonctions.
 
Pour ce qui est des sites de fabrication du fer, on note que 54,3 % d’entre eux sont associés à du bâti, 34,3 % sont apparemment en structure légère, et - particularité ? - 11,4 % se situent dans des abris sous roche ou entre des roches dolomitiques. Ce dernier cas pose problème, en particulier en ce qui concerne le vent qui est, par définition, absent de ce type d’abris. On peut se demander si les scories n’auraient pas été déplacées longtemps après… Dans l’hypothèse de grottes ayant servi de lieu de fabrication du fer, on peut s’interroger sur la chronologie mais rien ne permet à ce jour d’en dire plus.
Pour ce qui est des sites de fabrication du fer bâtis en dur, le problème est aussi de savoir si on a là un site de réduction établi de façon permanente ou un habitat rural qui possédait une forge. Il faut noter qu’on a trouvé sur presque tous les sites ayant livré des scories du grès ferrugineux ou des nodules de minerai de fer figés en train de fondre, ce qui ferait plutôt penser à des sites de réduction du minerai très répandus. Il est possible que l’on ait affaire à des sites de réduction associés à un habitat en dur tout proche ou à des sites de réduction situés directement à l’intérieur d’un petit domaine.
Les sites livrant à la fois des vestiges de la fabrication du fer et de la fabrication de la résine donnent 55 % de sites en dur contre 45 % en structure légère. Il semblerait donc que nous soyons là face à des établissements en dur spécialisés dans la production artisanale basée sur les diverses ressources locales.
Cela va à l’encontre du cliché habituel qui fait de tous ces sites de petites structures légères. On peut toutefois nuancer cette conclusion car il est possible que les différents sites ne soient que des de sites occupés successivement après épuisement des ressources les plus proches. Dans ce cas, nous aurions peut-être un premier atelier en dur, puis les ateliers légèrement postérieurs seraient déplacés au plus près des matières premières au fur et à mesure de la production, les familles continuant d’habiter la structure en dur située à quelques dizaines de mètres de là. Il est facile de construire un four plus loin, il l’est moins de déplacer toute une maison… Toutefois ceci est à nuancer. Les artefacts ne nous permettant pas d’en dire plus sur la chronologie, il pourrait s’agir d’un groupement de personnes ayant le même habitat mais plusieurs petits ateliers installés en bordure de clairière au plus près de la forêt…
 
Les sites liés à la fabrication de la chaux ne sont identifiables en l’état qu’aux vestiges de fours à chaux. Quinze fours ont été inventoriés, tous des sites nouveaux, qui se situent à chaque fois dans certaines zones, telles des petits bassins de production de la chaux. Il n’est pas rare de voir ces fours apparaître à un moment donné pour fournir à un chantier la matière nécessaire à la fabrication du mortier. Toutefois, la multiplication répétée de ces fours en certains endroits stratégiques et déjà occupés par les activités artisanales citées ci-dessus, et à la même altitude, font penser qu’on a peut-être là affaire à une tradition artisanale d’exploitation de la pierre calcaire.
 
Les établissements ruraux
 
Ces établissements sont dits agricoles au sens large parce que tous n’ont pas forcément livré de vestiges d’une quelconque activité primaire, mais plutôt des vestiges d’une activité artisanale même si l’on se doute, au vu de leur contexte géographique, qu’ils devaient mettre en valeur les champs et dolines des alentours et également vivre du pastoralisme. Les 48 sites ont une altitude moyenne de 820 m, dont 800 m pour les villae et 827 m pour les autres établissements ruraux. Cette différence ne me semble pas très significative : les quelque villae découvertes dans la vallée font en fait baisser l’altitude moyenne des villae, alors que peu d’établissements ruraux simples ont été mis au jour sur les coteaux de Banassac-La Canourgue. Il faut dire que personne ne les a cherchés là : les recherches précédentes se sont cantonnées soit aux ateliers de production de la sigillée dans la vallée, soit aux sites du causse. Nous-mêmes avons privilégié les plateaux à leurs franges. Il ne faut donc pas s’étonner de ces résultats.
L’autre remarque que l’on peut faire, c’est que les établissements ruraux ont une altitude légèrement plus haute de 20 m par rapport aux habitations antiques et alto médiévales en général. De plus, les établissements ruraux de toutes tailles ayant livré des traces d’artisanat se situent encore un peu plus hauts, à 833 m d’altitude.
 
On a donc un léger étagement qui apparaît ici, sans que l’on puisse forcément en tirer des conclusions :
 
-         habitations en général : 800 m
-         villae : 800 m
-         établissements ruraux en général : 820 m
-         établissements ruraux plus petits : 827 m
-         établissements ruraux avec activité artisanale : 833 m
 
A titre d’hypothèse, on peut penser que les agriculteurs et artisans au sens large se sont installés au plus près des ressources, ce pourquoi les fermes sont installées sur le plateau, tout comme les fermes avec production artisanale, qui avaient la nécessité d’être construites près de la forêt. En revanche, les villae, qui se chargeaient plutôt de centraliser cette production et de la redistribuer, avaient tout intérêt à s’implanter près des axes de communication et à égale distance des sites qu’elles contrôlaient, pour un meilleur rendement. Il n’était pas de leur préoccupation d’être au plus près de telle ou telle ressource, mais plutôt de maîtriser les productions diverses et variées d’un terroir, entre plateau et vallée.
 
Les nécropoles ( sur 55 sites bien renseignés)
 
Elle se situent en moyenne à 823 m d’altitude.
 
Parmi les tombes recensées, on peut distinguer :
 
-         les 3 grottes sépulcrales (CAN 44 ; CAN 45 ; CAN 56) avec pour altitude moyenne 851 m, les deux premières étant plutôt autour de 940 et la dernière à 670 m.
-         les 12 dolmens avec ou sans leur tumulus (BAN 13 ; BAN 14 ; CAN 17 ; CAN 47 ; CAN 48 ; CAN 49 ; CAN 50 ; CAN 52 ; CAN 53 ; CAN 54 ; CAN 57 ; CAN 62) avec pour altitude moyenne 850 m, dont 2 à plus de 900 m, 2 en dessous de 730 m, la majorité étant entre 820 et 885 m.
 
 
-         les 25 tumuli (CAN 16 ; CAN 63 ; CAN 64 ; CAN 66 ; CAN 20 ; CAN 58 ; CAN 67 ; CAN 72 ; CAN 93 ; CAN 94 ; CAN 96 ; CAN 97 ; CAN 98 ; CAN 99 ; CAN 104 ; CAN 105 ; CAN 134 ; CAN 181 ; CAN 142 ; CAN 154 ; CAN 155 ; CAN 160 ; CAN 159 ; CAN 161) avec pour altitude moyenne 854 m.
 
-         les mausolées (BAN 12, incinérations), à 533 m d’altitude.
 
-         les sites de tombes en dalles, sarcophages et tombes rupestres au nombre de 14 (BAN 06 ; BAN 08 ; CAN 04 ; CAN 05 ; CAN 08 ; CAN 21 ; CAN 22 ; CAN 23 ; CAN 30 ; CAN 34 ; CAN 36 ; CAN 38 ; CAN 55 ; CAN 59). Ils ont pour altitude moyenne 699 m. Ils datent pour la plupart de l’Antiquité tardive et du haut Moyen Age.
 
On notera l’importance des découvertes d’inhumations sous tumulus. Toutefois, il ne s’agit pas de se baser sur ces statistiques pour ébaucher une synthèse sur les pratiques funéraires. D’une part, chaque construction est propre à une période et à une culture ; d’autre part, les tumuli sont bien représentés parce qu’on les a inventoriés un à un, ce qui n’est pas le cas pour les nécropoles plus récentes qui ont souvent été inventoriées dans la bibliographie ancienne comme étant un site et non comme étant autant de sites que le cimetière compte de tombes. Ces statistiques ne veulent donc pas dire que l’inhumation sous tumulus était majoritaire et que les grottes sépulcrales sont inexistantes ou presque, mais que l’on a trouvé plus de tumuli que de grottes.
On peut d’ores et déjà remarquer que les nécropoles préhistoriques sont haut perchées alors que les lieux de vie de la population le sont relativement moins. Ceci est à nuancer toutefois, car il est rare de trouver une habitation préhistorique en plein air, surtout à cette altitude et avec cette érosion…Mais cela ne veut pas dire qu’il n’y en avait pas.
En revanche, les hommes de la Protohistoire vivaient sur le causse et enterraient leurs morts sur le causse également. Il y a donc changement de relation entre le lieu des vivants et le lieu des morts, mais il y a pérennité de l’utilisation du plateau comme lieu de sépulture, même si les pratiques funéraires évoluent.
Les sépultures des périodes suivantes perdent de leur hauteur et se retrouvent même à une altitude inférieure à celle des lieux de vie. Il faut dire que les nécropoles de Banassac font baisser la moyenne des altitudes puisqu’elles se situent au fin fond de la vallée. De plus, les pratiques chrétiennes qui préconisent l’inhumation ad sanctos n’y sont pas pour rien.
 
Les sites liés au pastoralisme
 
Les sites ayant livré une occupation liée au pastoralisme sont au nombre de 23 (CAN 07, CAN 56, CAN 71, CAN 74, CAN 75, CAN 76, CAN 77, CAN 78, CAN 79, CAN 80, CAN 81, CAN 86, CAN 88, CAN 115, CAN 140, CAN 143, CAN 144, CAN 146, CAN 147, CAN 148, CAN 151, CAN 153, CAN 162)
On peut ainsi citer les abris sous roche aménagés en bord de doline elle-même barrée comme c’est le cas des abris du Mazel, ou les grottes associées à des enclos situés non loin et supposés anciens (grotte des Balmes, grotte du Montet) et les enclos situés en bordure directe de la draille (enclos des Cheyrouses). Nous n’avons pas inventorié comme sites les lieux-dits dont la toponymie atteste de la pratique de la transhumance s’ils n’avaient pas livré de vestiges visibles. Mais on peut citer les toponymes parlants de « La Gardette », « Las Bastiolos », « La Lavagne » qui témoignent certainement de stations de repos lors de la montée en pâture. Ces sites, qui n’ont pas livré, il est vrai, de vestiges très impressionnants, sont en fait ceux qui ont à mon sens le plus d’importance en matière d’économie locale car ce sont les seuls et uniques vestiges immobiliers encore visibles des traditions pastorales. La plupart sont d’ailleurs situés en des endroits toujours occupés au siècle dernier, preuve de la pérennité de l’occupation de ces aires de repos (Les Cheyrouses, Le Mazelet, La Lavagne…)
 
Les sites fortifiés
 
Nous avons également inventorié 10 sites apparemment fortifiés (BAN 08, CAN 06, CAN 27, CAN 39, CAN 43, CAN 101, CAN 135 peut-être, CAN 140, CAN 145, CAN 153). Nous avons effectivement retrouvé des murs très épais, parfois en élévation à hauteur d’homme pour certains. Le problème, c’est que la fonction défensive de certains laisse à désirer, comme en témoigne le mur de CAN 135 dont on ne comprend pas ce qu’il protégeait. Peut-être s’agissait-il là de la délimitation du territoire d’un domaine ? Les autres sites paraissent avoir réellement été protégés. Certains sont des enceintes (Puech Redoun) mais pour la plupart il s’agit d’éperons barrés (Clapas-Castel, Lou Clapio, Plo de Coustous, Lou Puech des Cades…) d’autres ne sont pas déterminables en raison de la végétation envahissante et des nombreux murs de parcelles qui s’y sont rajoutés (Beauregard-Bas). La plupart des sites fouillés montrent la présence de cases en pierres sèches accolées aux murailles. Ces sites ont été habités à plusieurs périodes : à la Protohistoire, bien sûr, durant laquelle ils ont été bâtis, mais aussi à l’Antiquité tardive et au haut Moyen Age comme Clapas-Castel. Il est indéniable que ces sites témoignent d’une volonté de se mettre à l’abri d’un danger et de protéger les intérêts de la communauté. Etant donné la richesse des ressources dont disposaient les habitants du Causse, peut-être avaient-ils tout intérêt à se protéger… Enfin, on remarquera que l’eau n’est jamais bien loin.
 
Les lieux de culte
 
Sept sites inventoriés ont été interprétés comme comportant une activité cultuelle : BAN 11, qui pourrait être une ancienne chapelle, BAN 12, qui pourrait être un mausolée, CAN 03, qui comportait un fanum, CAN 08 qui se situe dans la chapelle Saint-Frézal, CAN 21, dont la fouille ancienne n’a pu préciser s’il s’agissait d’un mausolée ou d’une chapelle, CAN 109, dont on ne sait s’il s’agit là des vestiges d’un temple ou d’un calvaire, et CAN 150 qui était visiblement un dépôt d’une statuette de Mercure dans des fragments d’urne à résine. Ces vestiges témoignent de la diversité des cultes locaux. Certains sites attestent de la vivacité des cultes antiques, d’autant plus que nous n’avons pas pris en compte l’existence des laraires privés. D’autres sites sont clairement à rattacher à la religion chrétienne. Il est à noter que ces derniers sont souvent implantés sur les anciens sites païens, comme la chapelle Saint-Frézal qui aurait été installée sur un ancien lieu de culte de l’eau, juste au pied du plateau qui conserve les ruines d’un éperon barré et d’une nécropole tumulaire. De même, on pense que l’église de La Canourgue, héritière de l’abbaye, a été implantée sur le site d’un temple antique dont on conserve les colonnes monumentales. Enfin, nombre de vestiges antiques ont été christianisés, en témoignent les calvaires implantés sur les cippes (Saint-Frézal) et les pérennités de certaines nécropoles (Banassac).
 
Les réseaux viaires
 
Enfin, 23 sites présentent un tronçon de chemin ou de voie. C’est un des problèmes majeurs de ce sujet, qui devrait normalement comprendre une synthèse sur les réseaux viaires. Or, il existe des dizaines de chemins et cheminements sur le Causse qu’il est pour l’instant impossible d’interpréter. En effet, voies, chemins et passages naturels sont soit recouverts par les routes actuelles, étant donné qu’ils suivent le relief, soit ils sont abandonnés au milieu de la forêt ou recouverts par la lande qui a repris ses droits… Il est donc difficile de les appréhender.
En l’état des connaissances, ce que l’on peut dire, c’est que nombre de ces chemins sont très anciens. En effet, certains sont bordés de pierres de chant non épannelées et flanquées de tumuli et de mégalithes. D’autres sont pavés, comme la Jasse de Rascalon, située 800 m au sud de l’habitat groupé de Ron de Gleiso/Cadoule. On a pu remarquer que ces cheminements reliaient les principaux sites protohistoriques et antiques, et qu’ils présentaient toujours des points d’eau régulièrement. Ces sites n’ont pas forcément été inventoriés en fonction de la présence d’un chemin. Il se peut que la mention de la voie se trouve sur la fiche du site archéologique qui lui est directement rattaché. Ces sites sont CAN 04, CAN 12, CAN 34, CAN 36, CAN 40, CAN 60, CAN 80, CAN 81, CAN 86, CAN 89, CAN 90, CAN 91, CAN 92, CAN 95, CAN 100, CAN 102, CAN 110, CAN 117, CAN 131, CAN 133, CAN 145, CAN 162, BAN 10.
 
 
         5. HISTOIRE DE LA MISE EN VALEUR D’UN TERROIR
 
            5.1. UN ESPACE REPUTE CONTRAIGNANT QUI ATTIRE POURTANT LES HOMMES DEPUIS LE MESOLITHIQUE…
 
5.1.1 La Préhistoire : une présence décisive
 
5.1.1.1. Les sites
 
Les sites concernés sont : BAN 12, BAN 13, BAN 14, BAN 18, CAN 07, CAN 14, CAN 17, CAN 40, CAN 42, CAN 43, CAN 44, CAN 45, CAN 46, CAN 47, CAN 48, CAN 49, CAN 50, CAN 52, CAN 53, CAN 54, CAN 55, CAN 56, CAN 57, CAN 62, CAN 71?, CAN 75?, CAN 76?, CAN 77?, CAN 86?, CAN 88?, CAN 143?, CAN 144?, CAN 146?, CAN 147?, CAN 148?, CAN 151?, CAN 162?, CAN 174?, CAN 175?.
Les sites suivis d’un point d’interrogation sont ceux dont la présence des hommes à la Préhistoire n’y est pas attestée mais supposée (grottes aménagées etc.). Nombre des sites sûrs sont soit des grottes fouillées, soit des mégalithes.
 

 

Par Audrey Roche
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