4.1.3.6. Verre (VER)
Des fragments de verre ont été mis au jour lors de fouilles archéologiques. En prospection, nous en avons parfois rencontré, mais il est difficile d’en préciser une datation. Sur 203 sites, 7 en
ont livré.
4.1.3.7. Scories (SCO)
De nombreuses scories de fer ont été découvertes en prospection, et quelques unes lors de fouilles. Les différences observées sur le plan de la morphologie des scories sont notables :
certaines sont bien coulées, d’autres non. Comme expliqué plus bas dans le chapitre consacré à la fabrication du fer, cela peut résulter de différences techniques, mais aussi de l’étape de la
chaîne opératoire concernée, certaines scories résultant de la réduction, d’autres de la forge. 42 sites sur 203 présentent des scories, soit 1/5. Lors de nos prospections, nous avons le plus
souvent décompté le nombre de scories au m² et nous en avons collecté un échantillon, car il était bien sûr impossible de ramasser et de stocker les centaines de Kg de scories que le sol du
causse présente en surface, sans compter que ce ne serait pas très utile. Il ne faut donc pas prendre le nombre de scories collectées comme représentatif de ce qu’on l’on trouve en prospection.
Pour des informations complémentaires sur la fabrication du fer, se reporter au chapitre correspondant.
4.1.3.8. Charbons de bois, cendres (CHA)
Des charbons de bois et des cendres ont été relevés lors des fouilles, et on en a parfois trouvé en prospection, mais il est difficile de dire si ces dépôts étaient ou non contemporains des sites
alors découverts… Neuf sites en ont livré. C’est en revanche certainement le cas pour les sites d’extraction de la résine et pour les sites de fabrication du minerai de fer. Lors des fouilles,
les cendres et charbons ont principalement été mis au jour dans les grottes.
Résultats chiffrés et statistiques
Sur 203 sites inventoriés, on n’en retiendra que 201, après avoir supprimé les deux sites globaux du corpus (BAN 04 et CAN 01). Les statistiques concernant le mobilier sont les
suivantes (détails en annexes) :
- 16 présentent de la céramique protohistorique, soit 7,96
%
- 47 présentent de la céramique gallo-romaine au sens large, soit
23,38 %
- 35 présentent de la sigillée, soit 17,41 %
- 8 présentent de la céramique GR tardive, soit 3,98 %
- 25 présentent de la céramique d’époque indéterminée, soit 12, 44
%
- 5 présentent des éléments de fours de potiers, soit 2,49
%
- 19 présentent des amphores, soit 9,45 %
- 12 présentent de l’hypocauste, soit 5,97 %
- 69 présentent de la TCA, soit 34,32 %
- 9 présentent au moins une monnaie, soit 4,78 %
- 7 présentent des objets en bronze, soit 3,48 %
- 11 présentent des objets en fer, soit 5,47 %
- 8 présentent du silex ou de la chaille, soit 3,98 %
- 3 présentent des objets en plomb, soit 1,49 %
- 3 présentent de la terre cuite blanche de l’Allier, soit 1,49
%
- 7 présentent du verre, soit 3,48 %
- 117 présentent du bâti, soit 58,21 %
- 32 présentent des moellons dépareillés, soit 15,92 %
- 1 présente de la chaux, soit 0,49 %
- 19 présentent une meule, soit 9,45 %
- 9 présentent du mortier seul, soit 4,48 %
- 1 présente du marbre, soit 0,49 %
- 5 présentent de la mosaïque, soit 2,49 %
- 7 présentent des canalisations, soit 3,48 %
- 4 présentent des colonnes, soit 1,99 %
- 6 présentent de l’enduit peint, soit 2,99 %
- 42 présentent des scories de fer, soit 20,89 %
- 25 présentent de l’urne à résine, soit 12,44 %
- 4 présentent des outils ou objets, soit 1,99 %
- 9 présentent des cendres/charbons/traces de foyer, soit 4,48
%
- 17 présentent des ossements, soit 8,46 %
46,27 % des sites sont connus par un seul descripteur
18,41 % des sites sont connus par exactement 2 descripteurs
11,44 % des sites sont connus par exactement 3 descripteurs
5,97 % des sites sont connus par exactement 4 descripteurs
4,48 % des sites sont connus par exactement 5 descripteurs
3,98 % des sites sont connus par exactement 6 descripteurs
1,49 % des sites sont connus par exactement 7 descripteurs
2,49 % des sites sont connus par exactement 8 descripteurs
1,99 % des sites sont connus par exactement 9 descripteurs
0,49 % des sites sont connus par exactement 10 descripteurs
0 99 % des sites sont connus par exactement 11 descripteurs
0,99 % des sites sont connus par exactement 12 descripteurs
0,49 % des sites sont connus par exactement 13 descripteurs
0,99 % des sites sont connus par exactement 14 descripteurs
0,49 % des sites sont connus par exactement 15 descripteurs
54% des sites sont connus par au moins deux descripteurs, 36% par au moins trois descripteurs,
24% par au moins 4 descripteurs, 18% par au moins 5 descripteurs, 14% par au moins 6 descripteurs, 10% par au moins 7
descripteurs, 8% par au moins 8 descripteurs, 3,5% sont connus par plus de dix descripteurs. Ces résultats sont plutôt encourageants, étant donné que la
prospection s’est rarement faite en terrain labouré, mais plutôt en forêt et dans des zones de landes.
Les 18 sites les mieux renseignés sont BAN 01, BAN 02, BAN 03, BAN 05, BAN 10, BAN 12, CAN 03, CAN 05, CAN 06, CAN 10, CAN 12, CAN 14, CAN 41, CAN 68,
C AN 84, CAN 100, CAN 102 et CAN 110. 11 d’entre eux ont été fouillés, ce qui tend à les sur-représenter. Mais 7 d’entre eux ne l’ont pas
été (de CAN 14 à CAN 110). Sans surprise, il s’agit de grands domaines ruraux pour la plupart, d’une part parce qu’ils sont grands et donc plus d’artefacts remontent à la surface, d’autre
part parce que les activités artisanales qui y étaient pratiquées laissent plus de traces que les simples habitations.
4.2. LES SITES
4.2.1. Définitions
4.2.1.1. DRACAR
La base DRACAR du Ministère de la Culture utilise comme définition du site archéologique un lieu défini dans l’espace de manière plus ou moins précise et qui présente
au moins une occupation humaine passée, caractérisée par la présence de vestiges immobiliers et/ou mobiliers. Les fiches DRACAR recensent ainsi les sites et leurs occupations successives et
décrivent leurs caractéristiques. Ce sont ces fiches qui ont d’abord servi de base à l’élaboration de mon inventaire. Toutefois, certaines fiches recensent des « sites globaux », à
savoir qu’il ne s’agit pas d’un lieu défini mais plutôt d’un ensemble de découvertes en des points isolés qui font en fait partie du même site archéologique. C’est par exemple le cas de deux
fiches, une classée dans Banassac, l’autre dans La Canourgue, qui récapitulent les acquis des recherches concernant les ateliers de production de la céramique sigillée. Les lieux-dits, les
parcelles, les vestiges sont multiples et disséminés dans tout le village. Chacun a sa propre fiche, et les deux fiches de synthèse permettent de faire le lien entre elles. Elles recensent
aussi les documents et la bibliographie afférents. Il ne faudra donc pas prendre en compte ces fiches dans la synthèse car elles risqueraient d’être comptabilisées comme un site supplémentaire
alors qu’elles ne font que rappeler le lien entre les autres fiches concernant les ateliers.
4.2.1.2. PATRIARCHE
La base PATRIARCHE prend en compte les entités, c’est-à-dire les lieux comprenant des vestiges qui présentent un continuum chronologique et au plus deux interprétations
différentes. Parfois, un site recensé dans la base DRACAR est donc « éclaté » en de nombreuses entités sous PATRIARCHE. Les tableaux d’équivalence entre les deux bases permettent de
mieux cerner les différentes natures d’occupation d’un site et leur chronologie. C’est plus ou moins sous cette forme que j’ai créé ma propre base de données, avec quelques modifications.
4.2.1.3. Définition adoptée dans le catalogue
La définition adoptée dans le catalogue suit la définition de la base DRACAR, c’est-à-dire qu’une fiche recense toutes les occupations d’un même lieu, y compris si un même lieu présente un abri
sous roche aménagé et une doline barrée, par exemple. Cela permet au lecteur de voir tous les éléments se trouvant sur le même lieu, et qui ont souvent fonctionné ensemble ; ce système
facilite une compréhension spatiale du site, utile pour l’interprétation.
4.2.1.4. Définition adoptée dans la base de données
La définition du site utilisée dans ma base de données, qui n’apparaît pas vraiment dans le mémoire car c’est une des « faces cachées » du travail, est plus proche du système
PATRIARCHE, qui me paraît plus adéquat pour cartographier les résultats et élaborer des statistiques. J’ai donc créé une fiche par entité, mais j’ai modifié les définitions de la base du
Ministère. Chaque entité ne comprend qu’une interprétation et j’ai volontairement découpé les entités ayant un continuum chronologique en entités artificielles, classées par période. Par
exemple, pour un site qui regroupe en un même lieu une nécropole ayant fonctionné sans discontinuité au Haut-Empire et au Bas-Empire et une voie ayant fonctionné au Haut-Empire, j’ai fait une
fiche Nécropole Haut-Empire, une fiche Nécropole Bas-Empire et une fiche Voie Haut-Empire. Ces divisions artificielles permettent, à défaut de coller à la réalité historique, d’y voir plus clair
et de cartographier très facilement, par exemple les nécropoles utilisées au Haut-Empire, les sites de hauteurs utilisés uniquement à la Protohistoire etc. Comme il est expliqué dans la partie
consacrée à la base de données, deux rubriques à réponse fermée (oui/non) permettaient de savoir s’il y avait une réoccupation du lieu et/ou une réoccupation d’un seul des éléments du lieu (seule
la nécropole est utilisée à deux périodes, la voie ne l’est pas mais le lieu est occupé sur les deux périodes). C’est cette base qui a servi à calculer les statistiques et à cartographier
les sites.
Conclusion
Afin que le lecteur ne se perde pas dans les dédales de définitions, et pour toujours faire le lien avec les fiches de sites présentées en annexes, les tableaux de synthèse se réfèrent toujours
aux codes de ces fiches-là. La base de données n’a donc servi qu’à mener une réflexion qu’elle a facilitée sous la forme choisie, et s’est ensuite effacée au profit d’une présentation plus simple
des données.
4.2.2. La qualité des sites (site, indice)
Je n’ai distingué que deux niveaux de qualité : le site et l’indice de site.
Le site (BAN ou CAN + n° selon la commune) est défini par une concentration de vestiges assez bien délimitée dans l’espace et localisable précisément grâce aux coordonnées
Lambert (données en Lambert III). Ces vestiges peuvent être immobiliers (murs, soles de fours, mosaïque en place…) ou mobiliers (céramiques, scories, tuiles…). La nature du site reste ensuite à
préciser dans la typologie.
J’ai défini comme indices de sites (IND + n°) les éléments (écrits, dans la bibliographie ; oraux, lors des recueils de témoignages ; mobiliers ou immobiliers, trouvés
sur place) qui permettent de penser qu’il y a un site enfoui, mais pour lesquels des précisions manquent : la localisation est approximative ; les artefacts sont trop peu nombreux
pour déterminer la présence d’un site ; le lieu fait penser à un site mais il n’y a pas de preuve probante que l’homme a vécu là etc. J’ai intégré les objets isolés découverts fortuitement
par les particuliers à cette rubrique car leur localisation m’avait souvent été donnée oralement ou pointée approximativement sur la carte.
Il fallait faire ce distinguo entre site et indice afin de donner plus de pertinence aux sites sûrs par rapport à ce qui l’était moins, sous peine d’inventorier tout et n’importe quoi comme étant
un site, ce qui d’une part desservirait le travail de conservation des sites sûrs, et qui d’autre part ne faciliterait pas l’interprétation et par conséquent la synthèse. Les indices de sites
sont listés à la suite des sites dans les fiches du catalogue car ils permettent parfois d’appuyer une hypothèse et de mieux comprendre les sites présents aux alentours. Ces indices n’ayant pas
fourni assez d’éléments, ils ne peuvent être qualifiés de sites ; toutefois, nombre d’entre eux sont certainement des sites qu’il faudrait localiser plus précisément et dont il faudrait
déterminer la nature, ce que le temps ne nous permettait pas de faire. En effet, mon travail devait au départ consister en la vérification de ces indices, afin de préciser leur emplacement, leur
nature, leur chronologie. Mais vu l’opportunité que représentait l’inventaire des sites découverts par M. Pol Le Lay et les autres informateurs locaux, il m’a semblé plus efficace de m’occuper de
ces sites et de délaisser momentanément lesdits indices, plus qu’approximatifs, l’objectif recherché étant bien sûr l’acquisition d’un maximum de données sur des sites sûrs, pouvant servir de
base à la synthèse.
Les bruits de fond sous forme d’épandage de céramique moderne sont juste mentionnés dans les fiches de sites dans l’inventaire du mobilier (MED/MOD) ; étant donné qu’il y a
vraiment peu d’épandage de ce type sur les sites étudiés dans ce mémoire, je n’ai pas vu l’utilité de créer une rubrique propre à cette pratique : je n’aurais pas eu de quoi la remplir…
4.2.3. Typologie des sites
4.2.3.1. Nature de l’occupation
On définit la nature d’une occupation d’après plusieurs paramètres : la surface des artefacts témoins, le mobilier et les structures mises au jour principalement. Sans oublier qu’un même
site peut bien sûr combiner ces éléments, nous proposons de diviser au maximum les sites en catégories, afin de mieux en cerner les caractéristiques. On distingue ainsi :
v les lieux d’habitation, surtout caractérisés par la présence de céramique quotidienne,
hormis pour les périodes antérieures au Néolithique bien sûr.
v les exploitations agricoles, définies par leur activité de mise en valeur des terroirs, et
caractérisées par la présence de matériaux de construction, d’outils, de mobilier et de structures agraires (meule, amphores, autres récipients de stockage etc.)
v les ateliers, bâtis ou en structure légère de plein air, définis par leur fonction de
transformation d’une matière : atelier de production de la céramique, atelier de forge, atelier de réduction du minerai de fer, atelier de distillation de la résine, four de fabrication de
la chaux etc.
v les nécropoles, caractérisées par leur fonction funéraire et donc par les artefacts
résultant de l’inhumation ou de l’incinération d’un défunt ou par une structure dont l’architecture est caractéristique (dolmens…)
v les sanctuaires, définis par leur aspect sacré à l’époque de leur utilisation, plus
difficiles à appréhender donc ; l’historiographie a souvent caractérisé de sanctuaires des structures qu’elle ne parvenait pas à analyser autrement. Nous les définirons par leur structure
architecturale et le mobilier présent, mais c’est un point difficile car nombre d’édifices ont été dits cultuels grâce à la découverte de tel ou tel mobilier à l’intérieur, mobilier qui a parfois
été dit cultuel parce qu’il avait été découvert dans tel ou tel édifice…
v les enclos, les cabanes de bergers ont été définis par leur ressemblance avec les
structures actuelles et par leur contexte géographique ; parfois la toponymie a donné des indices (La Gardette, La Lavagne…)
v les fortifications sont définies par leur fonction défensive et non par leur aspect, sinon
nous pourrions plus ou moins inventorier toutes les limites de parcelles comme étant des murs de protection…
v les marqueurs du territoire ont été définis comme étant des sites qui ne nous semblaient
pas avoir d’autre fonction probante que la fonction de bornage d’un espace. Nous n’avons donc pas comptabilisé dans cette catégorie les sites dont l’interprétation peut laisser penser qu’ils
avaient aussi cette fonction (dolmens…)
v les cheminements désignent les chemins, routes, voies, passages auxquels on reconnaît une
fonction évidente de lien entre deux lieux, plus ou moins visible aujourd’hui. Ils sont définis par leur fonction de vecteurs d’hommes et/ou de marchandises.
4.2.3.2. Sous-groupes
A l’intérieur de ces catégories, on peut parfois préciser un peu plus les caractéristiques des sites et créer des sous-ensembles. Si ce n’est pas possible, on se réfèrera aux génériques définis
ci-dessus : il vaut mieux être moins précis mais juste, plutôt que trop précis et faux…
v les lieux d’habitation peuvent être en plein air, en grotte, en structure légère, en dur,
permanents ou saisonniers. Il est bien sûr difficile de repérer précisément cela dès la prospection, et c’est parfois aussi le cas lors de la fouille. La plupart du temps, on exposera donc les
hypothèses les plus probables tout en précisant les raisons de l’infirmation de telle ou telle autre thèse et les critères qui ont fait pencher la balance pour la solution choisie.
v les ateliers correspondent à une fonction de production que nous avons pu préciser au vu
des artefacts qui les caractérisent : scories de fer et charbons de bois pour les sites de réduction du minerai ou de forge, fragments d’urnes à résine pour les stations de résiniers,
éléments de fours et moules pour les ateliers de potiers, structures calcaires et éléments de chaux pour les fours à chaux… Ils ne sont pas forcément accompagnés d’éléments de construction,
preuve qu’ils n’étaient pas tous bâtis en dur, ni forcément associés à des habitations, preuve que les travailleurs devaient habiter ailleurs et être rattachés à une autre structure, à moins que
les habitations elles-mêmes fussent en structure légère, ce qui semble peu probable ici à l’année en raison du climat mais qui pouvait l’être de façon saisonnière.
v les nécropoles ont été prises ici dans leur sens large, à savoir un site avec au moins une
tombe, afin de pouvoir comptabiliser un tumulus dans cette catégorie lors de l’élaboration des statistiques. Les nécropoles seront subdivisées d’après la structure du site (dolmen sous
tumulus, dolmen sans son tumulus, tumulus à cavité centrale, tumulus sans cavité centrale, mausolée) et par pratiques funéraires (incinération, inhumation),
chaque catégorie pouvant encore être précisée (tombes groupées, tombes apparemment isolées etc.)
v les sanctuaires, espaces sacrés, peuvent être un simple enclos sacré, un temple construit
(dont fanum), un lieu de culte chrétien (chapelle), éventuellement un dépôt interprété comme étant votif.
v les enclos, les cabanes de bergers représentent une catégorie qu’il a fallu créer afin
d’intégrer des sites dont on savait par comparaison avec l’époque actuelle qu’ils pouvaient avoir cette fonction. Nous n’avons pas systématiquement inventorié ces sites car certains ne peuvent, à
mon sens, être comptabilisés comme étant des sites archéologiques à proprement parler : certains n’ont pas de preuve probante de l’aménagement par l’homme, d’autres ne semblent pas anciens.
Ont donc été inventoriées les dolines aménagées par des murs de pierres sèches non épannelées, les enclos construits à proximité d’un site reconnu, les abris sous roches ou entre roches
dolomitiques aménagés et/ou fermés par des murs. Il faut préciser que beaucoup de ces sites semblent liés du point de vue interprétatif à un site archéologique plus probant situé à quelques
dizaines de mètres : ils apparaissent donc souvent sur les fiches de ces sites dans la partie Remarques ou Description des découvertes. Seuls les sites les
plus probants ont été inventoriés à part entière avec leur propre fiche. Cela ne change rien du point de vue des statistiques car, rappelons-le, elles ont été effectuées à partir d’une définition
du site qui permettait de distinguer toutes les entités archéologiques présentes en un même lieu. Il faut également préciser que cette catégorie n’est pas vraiment objective, à savoir qu’elle ne
fait pas qu’intégrer des données descriptives mais qu’elle se base aussi sur notre appréciation intuitive du site et sur son contexte archéologique. Cela peut paraître subjectif, mais encore une
fois, nous restons plus proches de la réalité en procédant de la sorte qu’en appliquant strictement les critères de distinction des sites. Nous verrons d’ailleurs qu’il est fort possible que ces
sites soient très anciens et que certains continuent encore d’être utilisés ; ce sont donc de vrais marqueurs atemporels de la mise en valeur du terroir. Cette catégorie n’est donc pas du
tout à négliger, contrairement à ce que l’on pourrait penser, d’autant plus que l’élevage est, rappelons-le, très important dans cette région.
v les fortifications peuvent être de plusieurs types : les enceintes caractérisées
principalement par leur forme ovoïde fermée, et les éperons barrés décrits comme étant des places fortes originalement protégées, associant une défense naturelle à une muraille barrant les accès
non protégés naturellement. Dans un cas, il a été difficile de déterminer la nature du site, nous sommes donc restés prudents et nous sommes contentés de dénommer le site par le générique.
v les marqueurs du territoire comprennent les bornes et les menhirs
v les cheminements regroupent les tronçons de voies romaines reconnues, les tronçons de
chemins anciens bordés de pierres plantées de chant et non épannelées, les passages dont il est plus difficile de dire s’ils ont été aménagés, mais dont on est sûr qu’ils étaient stratégiques, vu
le relief et leur position relative vis à vis des sites reconnus, les drailles, les ruelles de village, les chemins bordés de murets de pierres sèches appareillées, les chemins dont on devine le
tracé par observation des micro-reliefs mais dont on ne peut pas vraiment préciser la nature.
v les exploitations agricoles ont été ainsi subdivisées :
- A – les grandes villae qui gèrent un vaste territoire. Elles se caractérisent d’abord par leur surface très vaste, bien que celle-ci soit difficilement
appréhendable : les sites découverts en prospection sont souvent à cheval sur plusieurs unités paysagères (champs labourés, landes), les sites fouillés ne l’ont été qu’en partie. Ces grandes
villae présentent des signes ostentatoires de richesse et de confort (arrivée d’eau, bains parfois, hypocauste, mosaïque, colonne, enduit peint), des matériaux de construction en grand
nombre (tegulae, moellons, mortier de chaux), des témoins d’une habitation (céramique quotidienne, céramique fine, sigillée), des témoins d’une activité agricole (récipients de stockage,
amphores, meules), et d’activités artisanales (forge, réduction de minerai, four, urne à résine, pesons de métier à tisser, fusaïoles). Ils correspondent visiblement à l’association d’une partie
résidentielle richement ornée (pars urbana) et de bâtiments à fonction agricole et artisanale (pars rustica) et devaient appartenir à une élite fortunée qui se faisait un point
d’honneur à imiter le mode de vie à la romaine. Ces domaines pouvaient visiblement contrôler économiquement une vaste partie du territoire et être à la tête de sites satellitaires qui
l’approvisionnaient en productions variées.
- B - les petites villae, caractérisées par la présence
d’une habitation, de fonctions de production et d’ateliers séparés qui témoignent de leur fonction de mise en valeur du terroir, sans toutefois faire preuve du même caractère ostentatoire. Moins
grands, moins riches, il s’agissait certainement de domaines dont les propriétaires contrôlaient une bonne partie du territoire délaissé par les grandes villae, à moins qu’ils ne
constituent un intermédiaire entre les pôles de réseau et les petits satellites. Ils faisaient toutefois preuve d’un certain confort (chauffage par hypocauste).
- C - les fermes destinées à mettre en valeur le terroir situé
directement à proximité du site. Elles se caractérisent par la présence d’une habitation en dur (TCA, moellons, mortier) et d’indices d’une activité agricole (meule, amphore, autres récipients de
stockage) et parfois également artisanale (pesons de métiers à tisser)… Les différences principales entre les fermes et les villae B sont la surface, le nombre d’artefacts retrouvés et
l’absence de tout signe de richesse ou de confort. Ces descripteurs peuvent d’ailleurs être nuancés : par exemple, l’élevage a parfois laissé peu de traces que le prospecteur peut retrouver
en surface. Nous avons donc comptabilisé comme étant des fermes des sites ne présentant parfois que les premiers critères, à condition que l’emplacement du site et sa surface permettent de penser
que nous avions bien là une exploitation agricole. Cela peut paraître subjectif, mais si l’on suit les descripteurs à la lettre, on sent bien que l’on s’éloigne de la réalité appréhendée sur
place…Il a donc fallu s’adapter.
- D- les fermes de tradition indigène sont les héritières des
cabanes protohistoriques dont on sait qu’elles ont perduré au début de l’époque gallo-romaine, en témoignent la persistance des céramiques réductrices, la présence de tessons protohistoriques et
de fragments typiquement gallo-romains et l’absence de construction en dur. En réalité, seule la toiture semble avoir adopté la mode romaine des tegulae et imbrices. Les
superstructures n’ont pas laissé de traces et l’on peut supposer qu’elle n’étaient pas en moellons assisés.
Choix des descripteurs
Le choix des descripteurs permettant de classer les sites dans telle ou telle catégorie n’est pas simple.
En effet, aucun site ne présente les cinq traditionnels critères de richesse (MOS, HYP, COL, MAR, END).
Seul un site en présente quatre (BAN 10 : MOS, HYP, END et COL) ; d’ailleurs, un seul site présente du marbre (BAN 04) mais il s’agit des ateliers de potiers…
Deux sites présentent trois des descripteurs : BAN 05 et CAN 10. Le premier correspond encore une fois aux ateliers de potiers. CAN 10 été fouillé : il s’agit d’une riche
villa.
Deux sites présentent toutefois deux de ces descripteurs : CAN 84 et CAN 182, visiblement de grands bâtiments ruraux, BAN 03 (four de potier) et CAN 03 (habitat groupé antique,
fouillé).
Onze sites présentent un seul de ces descripteurs : BAN 07 et CAN 05 (COL), le premier étant un four de potier, le second une villa fouillée en partie et ayant livré des fragments
de colonnes en calcaire et des dizaines de récipients de stockage ; CAN 37, CAN 100, CAN 102, CAN 110, CAN 118, CAN 135, CAN 164 (HYP). De même, un seul site ne présente que du marbre (BAN
04) et un de l’enduit peint (BAN 01), des fours de potiers également. On ne sait si cela correspond à une réoccupation tardive du site ou si ce sont les reliquats d’une riche villa
située sous le village actuel…Etant donné la facilité d’extraction du calcaire en plaques sur le causse, dont les carrières sont encore exploitées aujourd’hui, on peut penser que le calcaire a pu
remplacer le marbre. Après tout, il est d’ores et déjà plat, régulier, blanc et abonde aux alentours. Il en est de même des tesselles de mosaïque, en témoigne la découverte de petits cubes de
calcaire d’1cm3 sur le site CAN 84.
On voit bien la complexité qu’il y a à faire un lien direct entre les descripteurs et la typologie des édifices, et le danger aussi : les ateliers de potiers seraient qualifiés de
villae si on les trouvait en prospection, alors que de vraies villae passeraient pour de simples fermes possédant un chauffage…
On peut coupler à ces données une estimation de l’emprise au sol des sites, qui peut donner une idée de l’ampleur des édifices.
- BAN
10 : fouille ancienne, peu de données, mais présence de thermes
- BAN
05 : atelier de potier, peu de données sur l’emprise au sol (bâti)
- CAN
10 : les deux points extrêmes donnés par les archéologues sont distants de 230 m. En imaginant l’édifice au sol, dans le sens de la pente, on peut estimer la surface à 140 m par
160m, soit 22 400 m².
- CAN 84 :
d’après nos ramassages de surface : 190 m par 120 m, soit 22 800 m²
- CAN 182
: peu de données, non labouré (lande, herbe, terre dure)
- BAN 03 :
fouilles anciennes, atelier de potiers (bâti) : peu de données
- CAN 03 :
habitat groupé gallo-romain, estimation sur la carte 19000 m²
- BAN 07 :
ateliers de potier
- CAN 05 :
d’après nos ramassages de surface : 120m par 100 m, soit 12000 m²
- CAN 37 :
d’après les points extrêmes pris par les archéologues et par estimation sur la carte : environ 200 m sur 150 m soit 30 000m2
- CAN 100
: d’après nos ramassages de surface, environ 210m par 200m, soit 42 000m²
- CAN 102
: d’après nos ramassages de surface, environ 200m par 230m, soit 46 000m²
- CAN 110
: d’après nos ramassages de surface, environ 150m par 250m, soit 30 000m²
- CAN 118
: ensemble de stations de résiner, fer, chaux sur 300 m par 150m soit 45 000m²
- CAN 135
: d’après nos ramassages de surface, 130 m par 70m, soit 9100m²
- CAN 164
: données insuffisantes pour donner une surface
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